Retour de textes – Invitation à écrire N°1

Retrouvez tous les textes que vous avez produit en lien avec la première invitation à écrire de cette année ! 

Celle-ci portait sur l’ouvrage A la recherche de Milan Kundera de Ariane Chemin

 

Pour rappel, l’idée de cette invitation était d’imaginer une partie du dialogue entre vous et Milan Kundera.

Ses réponses étaient déjà données, et vous avez imaginé le reste !

Amandine Saadi

Vous : Bonjour M. Kundera quel honneur de vous trouver ici. J’ai tant de questions à vous poser sur l’amour, la condition humaine et la vie. Excusez-moi je m’emballe, je ne veux pas vous faire perdre votre précieux temps.
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.

Vous : Je vous imagine fin observateur car sinon comment expliquer votre justesse dans la description des comportements humains. Vous avez sans doute mieux à faire quand même que de converser avec quelqu’un d’aussi simple que moi. Je suis gênée d’ailleurs car ce n’est pas dans mes habitudes d’être aussi entreprenante dans les relations.
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.

Vous : Croyez-moi de mon côté la simplicité cache la simplicité. Rien de plus linéaire et insipide que ma vie. Je ne me souviens pas d’événements qui puissent retenir votre attention et être une quelconque matière romanesque, poétique ou philosophique.
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.

Vous : Voulez-vous dire que chaque personne négocie avec son histoire et sa mémoire ? Comment savoir alors ce qui vaut la peine d’être oublié du reste ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.

Vous : Chaque jour permet alors d’essayer de créer une œuvre à partir du brouillon d’hier ? Cela demande de se souvenir et en même temps de savoir se réinventer…
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.

Vous : Et si on n’est pas exilé, peut-on alors avoir ce regard sur les choses et les gens. J’aimerais tant raconter des histoires avec mon regard et avoir ce talent que vous avez de faire ressortir l’universalité des situations.
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

J’ai rendez-vous avec Milan Kundera, je l’aperçois au fond de la salle et me dirige vers lui.


Moi : Bonjour monsieur. Je vous prie d’excuser mon retard. Je suis très touché que vous m’accordiez un peu de votre temps. Comme je vous l’ai écrit, je suis amoureux des lettres, passionné d’histoire et néophyte en écriture.
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.
Moi : En lisant vos romans, j’ai remarqué que vos personnages sont souvent confrontés à des situations inextricables, des relations complexes, voire des contradictions notoires. Êtes-vous fasciné par la complexité de la nature humaine ?
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.
Moi : La mémoire et l’oubli semblent occuper une place importante dans votre réflexion. N’y a-t-il pas là aussi une forme de contradiction ? Comment faire le tri dans ses souvenirs, est-ce quelque chose qui se fait naturellement ou est-ce un acte volontaire ?
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.
Moi : Si des étudiants, passionnés d’histoire, de politique et d’écriture, arrivés au terme de leurs études vous demandaient conseil pour leur orientation professionnelle entre la recherche, l’enseignement ou l’écriture, que leur diriez-vous ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.
Moi : Permettez-moi une question plus personnelle. Vous vivez loin de votre pays natal depuis de nombreuses années. Est-ce que cette situation d’exil a influencé votre façon d’écrire et de voir le monde ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.
Moi : Si vous aviez un dernier conseil à me donner dans mes études, mes recherches et mon désir fou de me lancer dans l’écriture, quel serait-il ?
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

Vous : Bonjour, heureux de vous rencontrer enfin ! Votre œuvre explore les thèmes de la mémoire, de l’identité, de l’exil, et du passage du temps et j’ai tant de questions à vous poser, en particulier sur le temps ! Voyez-vous, je me demande souvent si nous sommes vraiment maîtres de nos instants ou simplement les passagers d’un flux qui nous échappe ?
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.

Vous : Observer… mais comment savoir ce qu’il faut retenir et ce qui s’efface ? Chaque instant me semble s’échapper avant même que j’aie eu le temps de le comprendre !

Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.

Vous : Alors nos vies ne seraient-elles qu’un équilibre fragile entre ce que nous choisissons de retenir et ce que nous laissons filer, souvent sans même nous en rendre compte ?

Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.

Vous : Je vois… Face à cette tension entre mémoire et oubli, quel message voudriez-vous que vos lecteurs gardent en refermant vos livres ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.

Vous : Cette manière de penser la vie comme une esquisse… Est-ce que le fait d’avoir été déchu de votre nationalité et de devoir vivre loin de votre pays a changé votre regard sur vous-même et sur le monde ?

Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.

Vous : Quel est le meilleur conseil que vous donneriez à celles et ceux qui lisent et écrivent aujourd’hui, qui cherchent eux aussi à comprendre l’homme à travers les histoires ?

Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

Bonjour Monsieur Kundera et merci d’accepter de me recevoir et de perdre un moment de votre emploi du temps qui doit être très chargé.
Kundera : Bonjour, Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.


Vous dites : « observer », qu’allez-vous observer durant cette interview ? Plutôt la structuration de mes propos ? Ou bien mon comportement, mes réactions ?
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.


Oui, votre personnage Tomas en est une illustration. Quant à mes propos, vous attendez-vous à ce qu’ils puissent ne pas être authentiques ? Que ferez-vous de ce que vous aurez détecté en moi ?  Irez-vous jusqu’à l’écrire ou bien l’oublierez-vous pour alimenter votre mémoire ?
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.

 

Et alors, que pensez-vous de ces écrivains, professionnels ou non, qui écrivent leurs mémoires ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.


Mais lorsque vous écrivez, vos origines influencent vos réflexions et votre regard sur vous-même, n’est-ce pas ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.

 

Quels conseils donneriez-vous à des écrivains en herbe, en quête d’inspiration et d’originalité ?
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.


Je vous remercie. Je retiens que l’observation des hommes, s’appuyant judicieusement sur la mémoire et l’oubli, nous aide à comprendre le monde.

Moi : Bonjour Milan Kundera. Je suis désolée de vous avoir fait attendre et perdre votre temps dans cet endroit un peu à l’écart de la vie parisienne.
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.
Moi : Qu’y a-t-il à observer ici ? Qu’est-ce qui peut encore vous intéresser chez l’être humain, depuis le temps que vous l’étudiez et écrivez sur ses comportements. Vous avez encore à découvrir ?
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.
Moi : Vous qui avez vécu et traversé des moments difficiles, des événements historiques, des ruptures, pensez- vous qu’il faut savoir oublier ou bien au contraire garder cela en mémoire ?
Faut-il se réfugier dans le passé ou vivre le moment présent ? « Le rire et l’oubli » sont-ils importants ?
Kundera : La mémoire nous définit mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.
Moi : Que diriez-vous à ceux qui souhaitent repartir de zéro, refaire le chemin comme certains exilés qui veulent rentrer chez eux, à tout prix ? Leur diriez-vous que « la vie est ailleurs » ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.
Moi : Vous croyez vraiment que l’exil peut être bien vécu ?Qu’il apporte quelque chose de positif ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.
Moi : Pour terminer, quels conseils donneriez-vous à un jeune (ou un moins jeune) qui rêve de devenir écrivain ?
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire c’est essayer de comprendre le monde.

Vous : Bonjour Monsieur Kundera, merci de m’accorder un peu de votre temps.
Vous voici de nouveau aujourd’hui en Tchécoslovaquie après l’avoir quitté pendant quinze ans. Pensez-vous pouvoir rattraper le temps perdu ?
Kundera : Bonjour, asseyez vous. Vous savez le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.
Vous : Certes. N’aspirez-vous cependant pas, après ce long exil, à de nouveau écrire pour évoquer l’histoire de vos proches, leurs souffrances en temps de guerre mais aussi leur force à garder espoir. N’avez-vous pas cessé d’agir en ce sens ?
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.
Vous : Voulez-vous dire qu’en chaque homme il y a une zone d’ombre et que certains tenteront d’oublier les exactions commises, que d’autres feront comme si la guerre n’avait pas eu lieu, tandis que d’autres tenteront de retrouver leur paix intérieure sans pouvoir oublier ?
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.
Vous : Ceux qui ont été du côté des bourreaux seront donc hantés à jamais mais vous Monsieur Kundera, n’allez-vous pas fouiller dans votre mémoire, revenir en arrière pour donner voix à votre famille, vos amis, et retrouver avec eux la légèreté de la vie ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté . La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière .
Vous : L’exil provoque des émotions fortes, des réflexions et la guerre arrache les gens à ce qu’ils sont. N’éprouvez-vous pas la nécessité de prendre la plume pour évoquer à quel point les vôtres ont fait preuve de courage en ayant un seul objectif, vivre ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle vraiment ce que l’on est vraiment.
Vous : Est-ce que vous offrez à vos lecteurs les clefs pour mieux comprendre la condition humaine ? La création artistique, notamment l’écriture serait-elle une force pour résister à la guerre, à la violence, à la peur mais aussi la seule façon de témoigner pour ne pas oublier ?
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi même, pas seulement raconter des histoires.
Vous : Merci infiniment Monsieur Kundera d’avoir répondu à mes questions.

Vous : Bonjour M. Milan Kundera. Merci de nous accorder une parenthèse enchantée, à la recherche du temps suspendu de l’émerveillement et de la réciprocité de l’échange.
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.

Vous : Justement en quoi la qualité de l’observation, pourrait-elle être impactée par une polarisation grandissante du monde à l’ère de l’Homo Sapiens technologicus ?
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.

Vous : Qu’est-ce que vous entendez par là ? Si l’Homme est contradiction, pourrait-on apposer ce qui relève de l’intelligence automatique qui garantit la survie de l’espèce, tout en ressuscitant la vie en nous via l’intelligence adaptative, ce qui invite à sortir de la petite histoire (mémoire vive ?) et de la Grande Histoire (mémoire dure ?) ?
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.

Vous : Dans nos vies singulières, quelle est alors la part du choix, du droit et du libre arbitre ? Comment sortir de soi, de ses certitudes, des catégorisations ? N’est-ce pas que nommer c’est déjà catégoriser, discriminer, séparer, polariser ? Y aurait-il quelque chose de notre vie intérieure qui résiste à Tout ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.

Vous : Ok, admettons que l’être humain soit le résultat de ses choix et que le passé est passé, alors « aller de l’avant », ne serait-il possible que si la paix avec son passé est advenue ? Et si la quête de l’ailleurs renfermait le plus grand secret et amène des plus amples interrogations délicates autour du proche et du lointain… S’éloigner ou pas de son premier éloignement, serait-elle la question ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.

Vous : A la bonne heure, quel bonheur notre échange !!! J’ai envie de retenir qu’écrire vient chercher le questionnement de la soumission au temps, à l’espace, aux situations, aux personnes et à leur regard qui clarifie ou obscurcit notre étrangeté. Dans cette altérité sans frontière donc illimitée, en vous écoutant, je me suis laissé toucher par la loi de la résonance : quelque chose a bougé en moi qui vient questionner le lien, ce double mouvement entre l’exil intérieur et l’exil social, dans cette réciprocité de l’écrivain et du lecteur.
Accepter d’être bousculé par l’autre, n’avoir peur de rien, pour mieux sortir de son petit soi pour revenir au grand Soi palpitant, sublime, immarcescible… Contempler ce que la Vie tente de nous susurrer.
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

Face à cet homme assis dans l’ombre à qui je tends la main.


Vous : Bonjour, Monsieur Kundera, Christiane Manin, Heureuse de vous rencontrer ! Merci d’être venu à mon rendez vous, j’espère ne pas vous prendre trop de temps.
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.
Vous : Et observer la vie et les hommes, c’était, c’est, le but de toute votre vie. Qu’est ce qui vous intéresse le plus en l’Homme ?
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.
Vous : Oui, l’ambiguïté de la pensée humaine, l’incertitude du monde. Votre dernier livre parle de souvenirs. Vous interrogez la mémoire, quel est son rôle ?
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.
Vous : Devant cette ambiguïté de la vie quels conseils donneriez-vous aux jeunes d’aujourd’hui ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.
Vous : Il faut donc prendre ses responsabilités ! En parlant de liberté, vous avez dû vous exiler. L’exil vous a-t-il appris quelque chose de nouveau ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.
Vous : Merci, monsieur Kundera ! Une dernière question : quels conseils donneriez vous aux écrivains pour qu’ils parviennent à une notoriété telle que la vôtre ?…
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi- même, pas seulement raconter des histoires.

Moi : Bonjour M. Kundera, merci d’avoir patienté, il y a eu …euh…hum… un incident sur la ligne de métro. Je suis Christine, du magazine Perles de Culture et… Je ne sais pas mentir. J’avoue que je n’ai pas entendu le réveil sonner ce matin, c’est la vraie raison de mon retard. Je suis navrée de vous avoir fait perdre votre temps ! Un temps si précieux pour un homme comme vous, un intellectuel reconnu, un grand romancier, un…
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.
Moi : Alors observons ! Voyez cette belle femme brune vêtue d’une élégante robe jaune. J’ai senti en passant près d’elle la flagrance d’un parfum capiteux Est-elle plongée dans l’attente exaltante de l’arrivée de son amant ? Ou, assise immobile sur le rebord de la chaise, est-elle prête à s’enfuir pour échapper à… Je ne sais pas, une rencontre non désirée ?
Imaginons qu’elle soit l’un des personnages de votre prochain roman.
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.
Moi : Oui, alors poursuivons notre raisonnement et reprenons l’exemple de cette femme qui semble hésiter entre deux attitudes. Appelons-la Fleur.
Supposons qu’elle craint d’être vue par une connaissance qui pourrait éventer le mensonge fait à son mari ce matin. Mais peut-être espère-t-elle aussi croiser une amie qui la fera renoncer à une infidélité qu’elle n’assume pas vraiment ? Et au fond d’elle-même, ce qu’elle souhaite passionnément, éperdument, n’est-ce pas se fondre dans les bras de son amoureux ? Fleur est submergée par une vague de désirs contradictoires et d’émotions fluctuantes. Que va-t-il se passer et quels souvenirs gardera-telle de cette journée ?
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre.
L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.
Moi : Oui, les peurs et le déni brouillent nos souvenirs, pourtant l’empreinte de ce qui a été ne s’efface jamais. Fleur gardera en mémoire la version qui l’apaisera et lui permettra de continuer à vivre sereinement avec son époux, ou celle qui la confortera dans la décision qu’elle a prise de vivre de nombreuses aventures. Mais dans son inconscient tout est inscrit. Quels conseils donneriez-vous à tous ceux qui doutent, hésitent et souffrent face aux choix que nous offrent la vie ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.
Moi : A propos de liberté, vous avez quitté votre pays pour vivre, écrire, être et penser sans pression extérieure. Dans quelle mesure le processus d’intégration a-t-il impacté votre personnalité et votre chemin de vie ? Je me suis toujours interrogée à ce sujet car ma grand-mère, immigrée elle aussi, parlait peu de son passé, comme s’il concernait une autre personne. Un petit fantôme hantait sa mémoire. Qu’en est-il pour vous ? Les questions sur votre enfance, votre famille, vos études et vos combats ne réveillent-ils pas un autre Milan Kundera ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.
Moi : Vous venez de consulter votre montre. Je sais que le temps qui m’est imparti touche à sa fin, alors permettez-moi de vous adresser une dernière requête. Bon nombre de nos lectrices et lecteurs s’exercent à l’écriture et seraient heureux de bénéficier de quelques recommandations pour stimuler leur créativité. Selon vous, que doivent-ils faire pour se connecter aux sources de l’inspiration, et produire enfin le roman tant espéré ?
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

Vous : Bonjour, enchantée M. Kundera ! Je suis ravie que vous ayez accepté ce rendez-vous pour répondre à quelques questions, d’autant plus que vous accordez rarement d’interview, ce qui va lui donner encore plus de valeur. J’espère que cela ne va pas trop prendre de votre temps… ?
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait
observer.
Vous : Bon, alors commençons. Vous êtes vous-même un personnage assez énigmatique, difficile à saisir, à cerner, qu’est-ce qui vous intéresse dans la quête de la compréhension de l’Homme et de ses agissements ?
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.
Vous : Pensez-vous que l’Homme agisse toujours en pleine conscience de ses actes ? Je développe : peut-il y avoir une part d’inconnu ou de non aveu, intentionnel ou non, dans les décisions qu’il est amené à prendre ? Peut-il être influencé par son passé, les combats qu’il a pu mener ou dû affronter ?
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.
Vous : Dans les conflits qui opposent deux pays en guerre, la valeur des hommes au combat, des civils, est souvent oubliée, piétinée par les hommes au pouvoir. Que leur diriez-vous pour changer leur façon de voir les choses ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.
Vous : Beaucoup de civils choisissent l’exil plutôt que de vivre sous les bombes. Pensez-vous qu’une fois loin de leur pays ils aient un regard plus juste sur la situation de leur pays, sur eux-mêmes ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.
Vous : De tout cela souvent naissent des témoignages, des écrits, des livres qui permettent de laisser une trace, une histoire. Que conseillez-vous aux gens, impliqués ou non dans ces faits, pour vivre mieux malgré tous ces traumatismes ?
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

Vous : ¡Dobry’ den, Pane Kundero! Je suis Edith Lebrun pour le magazine littéraire « Points de suspension », je vous suis infiniment reconnaissante de m’avoir accordé cette interview dans ce bistrot parisien du canal St Martin. Comment vous remercier de vous être libéré entre vos deux cours de littérature comparée ? Soyez assuré que notre échange respectera le temps imparti, je ne voudrais pas abuser de votre temps si précieux.
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait
observer.
Vous : Pour commencer, si vous permettez, comment répondriez-vous à l’avis de la critique taxant votre œuvre d’impénétrable ? Je ne me réfère pas à la lecture parfois ardue pour des lecteurs non-initiés aux concepts littéraires mais à la difficulté de saisir votre point de vue quant aux choix philosophiques que vous exposez sur la vie.
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.
Vous : Vos romans s’inscrivent dans le passé, dans le monde qui fut le vôtre à un moment donné de votre vie. Écrire, pour vous, est-ce une manière de sauvegarder ce temps révolu ?
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.
Vous : Et l’Histoire ? Votre pays comme vous-même avez dansé une valse à trois temps : démocratie, totalitarisme, liberté. Quelle leçon donner aujourd’hui à vos compatriotes ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.
Vous : Sans revenir sur les causes de votre exil, ce départ définitif de Tchécoslovaquie, vous a déraciné à jamais. Votre vie a été chamboulée. Vous avez été confronté à un nouveau mode de vie, exposé à une nouvelle langue. Au fond, cela a-t-il modifié l’homme que vous étiez ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.
Vous : Pour conclure cet entretien, quel conseil donneriez-vous à nos lecteurs qui souhaitent prendre la plume ?
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

Bonjour M. Kundera. Me permettez-vous de vous faire perdre un peu de votre temps pour vous poser quelques questions ?
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.

Nous vivons actuellement dans un monde très perturbé. Les politiques nous présentent un vrai festival d’incohérence. Tout semble totalement déréglé comme le climat. Cela génère beaucoup d’inquiétude et de méfiance notamment en ce qui concerne les futures élections présidentielles. Qu’en pensez-vous ?
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.

A votre avis n’est-il pas important de ne pas oublier les erreurs passées responsables de crises historiques plongeant les nations dans l’horreur des guerres avec d’abominables génocides. La guerre est à nos portes. Les dirigeants ont-ils la mémoire si courte pour recommencer les massacres du passé ?
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.

Le monde d’aujourd’hui est en plein chaos. A croire que les humains sont incapables de vivre en Paix. La guerre, toujours la guerre avec tous ses massacres qui obligent des populations à fuir leur pays d’origine. Quelle position avoir face au sort de tous ces migrants persécutés ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.

Quel conseil pourriez-vous donner à tous ceux qui ont perdu espoir en l’humanité. Est-ce qu’écrire pourrait faire partie des moyens qui les aiderait à soulager leur mal être, à mieux comprendre ce monde en plein bouleversement. Ainsi en relatant leurs peurs, leurs angoisses ne parviendraient ils pas davantage à faire face à un avenir inquiétant et imprévisible ?
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

– Bonjour Monsieur Kundera
Je vous ai aperçu dès que je suis entrée dans ce café où j’aime faire une pause dans le tumulte de mon quotidien, un peu comme vous je suppose. Vous permettez que je vous vole un peu de votre précieux temps ?

– Bonjour, asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si on sait observer.

– Je n’osais vous approcher.  Vous me paraissiez plongé dans une rêverie ou peut-être une observation du monde que je ne saurais perturber. Que tirez-vous de ces moments passés à regarder la vie, les hommes par la fenêtre de ce café? Est-ce pour vous une source intarissable d’inspiration?

– Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.

– Ainsi, à travers ce que vous laisse à voir la personne, vous imaginez sa part d’ombre, ses secrets, peut-être les mensonges qui la tiraillent et l’empêchent d’avancer. Est-ce là la source de votre écriture ou vous inspirez-vous aussi de votre propre histoire, de vos souvenirs heureux ou malheureux pour donner vie à vos personnages ?

– La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.

– Oui, je suis assez d’accord, l’oubli est nécessaire pour continuer d’avancer.  Le temps passe, les souvenirs, les regrets sont parfois un carcan bien lourd à porter, alors comment  les hommes peuvent-ils faire avec une mémoire qui les encombre ?

– Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.

– J’aime bien cette idée que la vie n’est qu’une esquisse. Et oui, ce qui est fait est fait, ce qui est dit est dit. C’est comme un aller sans retour. On peut se retourner mais on ne peut faire marche arrière. Vous en savez quelque chose vous qui avez quitté votre pays natal, la République Tchèque. 

Est-ce que c’est cet exil qui vous a permis de vous connaître mieux et peut-être de vous retrouver dans vos personnages, hommes ou femmes de surcroît ?

– Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle qui l’on est vraiment.

– « L’exil révèle qui l’on est vraiment. », vous vous sentez différent à Paris. Si j’ai bien compris, c’est l’observation de l’inconnu, de la nouveauté, de la différence qui vous permet de comprendre qui vous êtes vraiment.
Alors permettez-moi cette question , qu’est-ce pour vous que l’écriture ?
Est-ce raconter une histoire réelle ou fictive ou l’écriture est-elle un miroir derrière lequel se cache des choses plus profondes ? Quel conseil me donneriez-vous pour écrire ?

– Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement de raconter des histoires.
– Merci beaucoup monsieur Kundera pour ce précieux moment. Je ne sais pas si j’écrirai un jour, mais je me souviendrai de vos conseils.

Vous : Bonjour M. Kundera, je vous remercie de me recevoir et de m’accorder cette entrevue. Je vais être brève afin de ne pas vous faire perdre votre temps.
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.
Vous : Vous croyez ? Ma mère m’a toujours assuré le contraire, elle affirmait que le temps perdu ne se rattrape plus et qu’il passe inexorablement sans égard pour personne. Elle osait même dire que le temps est un traître qui vous file entre les doigts, qu’il est traître parce qu’il marque les visages et les corps. Les gens passent leurs vies à courir après lui et cette course les empêche justement de se poser, d’apprécier la valeur de chaque instant. De toute façon, il me semble que ma mère trouvait un certain confort à se cacher derrière une vie paisible pour ne pas montrer sa soif de révolte.
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.
Vous : Les secrets pour sûr c’est l’ADN de ma famille quand on n’a pas le temps, on ne parle pas et rien ne filtre chez les taiseux ou ceux que l’on oblige à garder le silence. Les enfants se retrouvent ainsi avec un sac à dos rempli de blessures mais je suis désolée j’ai l’impression de ne parler
que de moi. Alors dites-moi : Qu’est ce qui semble définir les hommes selon vous ? Qu’est qui prime dans l’existence des hommes ?
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre.
L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.
Vous : Ne pensez-vous pas justement que cette dualité entre mémoire et oubli tiraille l’homme ? Pourquoi les hommes restent là entre le besoin de conserver des souvenirs précieux ou douloureux et le besoin d’oublier le passé afin de vivre dans le présent sans remord ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.

Vous : Je vais vous parler encore de moi, mes souvenirs du pays où je suis née sont fugaces. J’ai eu maintes fois l’occasion de les faire revivre, de repasser sur le trait puisque vous évoquez l’esquisse d’un dessin mais je me sens toujours amputée d’une partie de moi. Vous devez donc avoir raison on ne revient pas en arrière mais c’est déstabilisant d’avoir laissé un bout de mémoire dans un autre pays. Comprenez-vous que je ne me sente nulle part chez moi même si ma vie est plus douce ici ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.
Vous : Dans mon cas la distance est bienfaisante, je suis un patchwork de contrastes tellement colorés, mon horizon culturel est dorénavant immense et ma liberté sans borne. J’ai laissé là-bas le silence que l’on m’imposait mais je reste parfois sans une notice d’emploi pour m’adapter à ma nouvelle terre d’accueil.
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

C’est un de ces matins, dans un bar loin des grands boulevards parisiens, que la jeune
journaliste Éva Lagrange retrouve enfin cet auteur mystérieux : Milan Kundera.

Elle reste debout devant un homme qui ne semble pas effarouché par sa présence. Passé un laps de temps court mais interminable, elle engage enfin la conversation.


— Bonjour Monsieur Kundera. Avez-vous un peu de temps à m’accorder ?
— Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.
— Observer ? Avez-vous fait des études psychosociologiques par le passé pour publier ce genre de recueil ? Votre œuvre est très poussée.
— Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.
— Vous parlez souvent des fantômes du passé, qu’ils ont une mémoire émotionnelle qui va en grandissant au cours des décennies. Quel est votre point de vue ?
— La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.
— Dans votre recueil, vous critiquez souvent les politiciens actuels. Qu’ils oublient les leçons du passé et qu’ils bafouent les libertés individuelles.
— Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.
— Vous êtes loin de chez vous. N’avez-vous pas le mal du pays ?
— Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.
— Quels conseils donneriez-vous à une jeune journaliste littéraire comme moi ?
— Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi- même, pas seulement raconter des histoires.


L’homme se lève, se rend au bar pour payer son café et quitte ce lieu, laissant Éva avec des questions sans réponse.

Vous : Bonjour Milan, je suis désolée pour mon retard… je viens de passer une demi-heure dans une rame de métro immobile, arrêtée entre deux stations. J’espère que le temps ne vous a pas paru trop long.

Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.

Vous : Oui, cela vous a laissé le loisir de regarder autour de vous… Imaginer la vie des gens et ce qu’ils traversent… On serait surpris parfois, si on prenait le temps de discuter avec eux, n’est-ce pas ?

Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.

Vous : Quelle est la place de la mémoire dans votre œuvre ? Pensez-vous qu’elle fasse de nous qui nous sommes ? Comment ne pas être encombré par la mémoire que l’on porte en soi ?

Je m’interroge sur la place qu’elle doit prendre dans nos vies… ( je démarre en posant beaucoup de questions…)

Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.


Vous : Que conseiller aux jeunes qui se sentent perdus ? Comment trouver sa voie quand l’avenir semble si vaste, mais nos choix si contraints ? Et que dire aux plus âgés, qui ressentent à quel point la vie est courte ?

Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.

Vous : Vous avez dû quitter votre pays natal pour vous installer en France. Apprendre une autre culture, alors que vous étiez déjà adulte. Est-ce que cela vous a aidé à vous réinventer, d’une certaine façon ? Ou à vous retrouver, dans cette étrangeté ?

Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.

Vous : Que diriez-vous aux jeunes et moins jeunes qui souhaitent adopter un « œil d’écrivain », un regard sur le monde et le partager dans des écrits ?


Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi- même, pas seulement raconter des histoires.

Vous : Bonjour, excusez-moi pour le retard, je suis confus, je suis toujours à l’heure d’habitude vous savez, mais là le métro était bondé, je n’avais jamais vu ça, c’est toujours pareil en période de travaux, ils pourraient s’arranger autrement quand même, qu’on ne perdre pas notre temps tassés comme des sardines dans leurs boîtes à roulettes !
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.

Vous : Observer … Je peux vous dire que j’ai eu le temps d’observer le cabas du grand-père en face de moi et la veste en cuir de la femme à qui j’étais collé pendant tout le trajet ! Insupportable ces conditions, et dire qu’on dépend de ces engins là pour se déplacer… Je peux vous dire que moi, si on me demandait mon avis, je reverrais complètement l’organisation de… mais passons, c’est vous que je viens interviewer aujourd’hui, ce n’est pas moi qui dois parler, j’en ai d’ailleurs assez dit. Je
commence donc avec une première question très simple, pour entrer en matière : d’où vous vient votre inspiration ?
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.

Vous : Je vois. Vous en tout cas, vous êtes plus bavard à l’écrit que de vive voix ! Bon, revenons à votre inspiration. Pourriez-vous développer un peu plus ? Par exemple, j’imagine que vous puisez vos personnages, vos scénarios dans votre mémoire, n’est-ce pas ? J’ai entendu dire que vous aviez beaucoup voyagé, vous avez sans doute des myriades de souvenirs qui vous tournent en permanence dans la tête, et que vos voyages définissent votre style.
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.

Vous : Entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie… vous auriez donc oublié vos voyages ? Ou certains d’entre eux, du moins ? Mais alors, que dire aux jeunes gens qui s’obstinent à partir loin, qui veulent à tout prix voyager, partir, s’échapper ? Doit-on les prévenir que leurs rêves s’échapperont bien vite de leur mémoire ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.

Vous : C’est intéressant ce que vous dites. Mystérieux mais intéressant. Je n’avais jamais pensé à ma propre vie comme un brouillon… Mais alors, que conseillerez-vous à ces aventurier.es née.es de la dernière pluie ? Faut-il les laisser partir dans les lointaines contrées qui les attirent tant ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.

Vous : Ah ! Nous voilà revenus à la thématique des voyages. Je ne peux pas m’empêcher de penser que les vôtres ont dû vous inspirer, peut-être au-delà de ce que vous ne l’admettez. Ce sont des voyages que naissent les meilleures histoires, n’est-ce pas ?
Bon, il va être temps de conclure cet entretien, si je ne veux pas me retrouver de nouveau coincé dans les transports à l’heure de pointe. Une dernière question donc, pour conclure : quel conseil donneriez-vous à un.e écrivain.e en herbe, qui se languit devant ses griffonnages dépourvus d’inspiration ?
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

Bonjour Milan, je vous remercie de me recevoir dans ce bien agréable endroit ; et de bien vouloir m’accorder un peu de votre temps qui je sais est précieux.
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.


J’ai hésité avant de vous appeler, ce n’est pas si simple de parler à la place des familles exilées pour une destination inconnue après tant de souffrances vécues dans leur pays. Je m’interroge du pourquoi tant de misères dans ce monde.

Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.


Pensez-vous que des souvenirs lointains peuvent être gommés dans leur mémoire pour laisser place à des moments plus joyeux et doux et ainsi les aider à avancer.

Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.


J’admire ces gens qui ont tout laissé derrière eux, tout perdu pour reconstruire une nouvelle vie loin des leurs. Que peuvent-ils faire pour en guérir ?

Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.


Ces personnes sont courageuses et méritantes, bien que taiseuses sur leur parcours de vie difficile.
Au fond de leur cœur ils restent dignes et n’oublieront jamais.

Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.


Que me conseillez-vous pour transmettre aux générations futures que rien n’est acquis ? Et que solidarité et bienveillance peuvent adoucir le quotidien de celui qui a besoin d’être accueilli avec respect.

Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

Moi : Bonjour, enchantée de vous rencontrer. C’est très calme ici, le temps paraît suspendu, il ne se passe pas grand chose.
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.

Moi : Votre apparente simplicité contraste avec votre vécu. Comment définiriez-vous votre vie et votre œuvre ?
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.

Moi : Vos souvenirs reflètent-ils votre vie passée dans votre pays d’origine, préférez-vous en oublier certaines périodes ?
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.

Moi : La nostalgie habite pourtant tout un chacun, et nombreux sont ceux qui parcourent péniblement leur vie, ne serait-ce que pour accéder à la liberté. Quels conseils donneriez-vous aux jeunes générations ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.

Moi : Être contraint à l’exil laisse certainement des cicatrices béantes. Quitter sa patrie favorise l’introspection selon vous ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.

Moi : Votre pensée est empreinte de sagesse. Quelles recommandations feriez-vous aux jeunes auteurs ?
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

Vous : M. Kundera bonjour, je vous présente mes excuses, je suis navrée et confuse d’être en retard pour notre entretien ! Je vous suis reconnaissante de
m’accorder un peu de votre temps.
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.
Vous : Merci, j’apprécie votre indulgence. Comme je vous l’ai demandé précédemment, je souhaite vous questionner à propos de votre dernier ouvrage et de votre travail d’écrivain. Pour commencer, vous décrivez et exposez une galerie de portraits d’individus complexes, allant de l’empathie à la violence, de l’amour à la haine, toujours prisonniers de leurs choix. Est-ce une façon de dépeindre l’humanité ?
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.
Vous : Effectivement, votre récit relate un drame familial découlant d’un terrible secret. Les personnages échouent à se défaire d’un lourd passé, pourtant désireux d’avancer et se reconstruire. Comment analysez-vous cela ?
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.
Vous : Selon vous, quelle serait la direction à prendre par vos « héros » ou « les hommes », au sens large du terme, pour qu’ils améliorent leurs choix et leurs destinées ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.
Vous : Ne pensez-vous pas que chaque être humain se définit aussi par les épreuves et les combats qu’il traverse ? Comme par exemple votre propre expatriation ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.
Vous : Pour conclure, deux dernières questions M. Kundera. En tant qu’écrivain, que conseilleriez-vous aux jeunes auteurs pour narrer une histoire ? Comment définissez-vous l’écriture ?
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

Moi : Excusez-moi pour mon retard. Je me suis trompée de rue, je n’étais plus sûre du nom du café. (Temps). Je me sens un peu nerveuse, là, face à vous…
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.
Moi : Quand la rédaction m’a proposé cette interview, j’ai refusé tout net tant j’admire votre œuvre ! (Temps). Finalement, je suis là. J’aurais tant à vous dire et me trouve sans question.
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.
Moi : J’ai été bouleversée par ce geste d’Agnès à la piscine, par Sabina nue sous ses chapeaux, par Tomas qui quitte un poste de chirurgien pour laver des carreaux. (Temps). Tout se mélange, me voilà incapable de citer le titre d’un de vos livres.
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.
Moi : Se rappeler, oublier… Pensez-vous que nous ayons une quelconque marge de manœuvre ? Nos choix n’en sont pas, ils se font malgré nous, ou contre nous ; le plus souvent en toute ignorance. (Temps). L’ignorance, en voilà une question ! Tant d’hommes se retrouvent à errer, en quête d’un chemin.
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.
Moi : Vos personnages interrogent leurs contradictions internes, doutent de la justesse de leurs décisions, questionnent le sens de leur présence ici ou là. (Temps). Milan, qui êtes-vous ? J’ai le sentiment que vous avez passé votre vie à vous chercher ; ou, à vous fuir ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.
Moi : « Ce que l’on est vraiment » ? Exil ou pas, peut-on être révélé à soi-même ? Vos histoires témoignent de l’insaisissable complexité de tout être humain, de toute situation… (Kundera semble quelque peu déstabilisé).
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

Vous : J’ai vécu mai 68 étudiante à Lyon, aussi l’entrée des chars russes dans Prague m’a bouleversée. 
Bouleversement en lien aussi avec une amitié l’été précédent avec Jiri et Ivana, deux jeunes Tchèques lors d’un chantier international en France.
Alors, découvrir chez Tomas et Tereza leurs contradictions : une aspiration profonde à la liberté et/ou un attachement inconditionnel à leurs racines et pays d’origine même mortifère fut un choc.
Ce choc venait conforter mon expérience d’un voyage à Cuba en 1969 : je voulais découvrir de mes propres yeux la réalité d’une révolution, et je revenais avec la découverte de la joie de vivre bluffante d’un peuple pauvre, sans lien évident avec la révolution….
En effet, je constate au fil de ma vie que nous sommes tous pétris de contradictions.
Moi-même je me retrouve parfois surprise de mes propres décisions !
Quelle est alors l’intérêt de notre expérience personnelle,  son utilité ?

Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.

Vous : D’où votre titre:  » Le livre du rire et de l’oubli »…
Mais pourquoi, pourquoi l’oubli ? Comment l’oubli ?  Quel phénomène détermine pour chacun ce qui est à oublier, ce qui reste important et nécessaire à vivre ?
Je pense en particulier à ceux qui subissent l’exil… De quelle liberté disposent-ils vraiment ?

Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.

Vous : « On ne revient jamais en arrière ». Vous me choquez!
Les exilés n’ont pas besoin de dessins pour savoir ce qu’ils ont quitté, les risques qu’ils ont laissé, ceux qu’ils ont pris, et leur nécessité de s’adapter à une nouvelle réalité. 
Ils peuvent tout de même choisir de « revenir en arrière » quand-même, que ce soit en réalité, en rêve, ou en œuvre créative !

Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.

Vous : Donc l’exil se révèle un espace de création par la distance de facto du regard de l’exilé. 
Vous en êtes le témoin vivant.

Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.

Vous : Dans cette vision, quelles pistes proposez vous aux exilés de toutes sortes: politiques, climatiques, sociaux, économiques, familiaux aux fins de réfléchir à leur propre liberté.

Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

Vous : Bonjour, je me présente, Léa Bolvida, je travaille en indépendante dans le milieu du journalisme et en parallèle je souhaite écrire une bande dessinée sur votre vie.
Depuis de nombreuses années j’ai le désir de vous rencontrer, j’ai l’impression d’avoir perdu trop de temps…mais me voilà aujourd’hui. Alors si vous êtes disponible, ne perdons plus une minute, j’ai tant à apprendre de vous.
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.
Vous : Oui bien sûr… mais ce qui m’intéresse au plus haut point, ce sont vos observations ? Avez-vous des sujets de prédilection ?
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.
Vous : Par exemple, pouvez-vous définir davantage… les interrogations de la vie ne sont-elles pas le piment nécessaire à l’évolution ?
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.
Vous : Pensez-vous que l’être humain ait besoin d’oublier les horreurs de certaines parties de sa vie, de son quotidien pour survivre ? Ou au contraire être entièrement présent aux événements pour nourrir son identité ? Y a-t-il un choix à faire à votre avis ? Pouvons- nous parler de votre peuple ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.
Vous : Est-que l’exil est une liberté ? Peut-on vraiment tracer sa voie en étant déraciné ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.
Vous : Comment évoluer dans un pays qui n’est pas le vôtre ? L’écriture est-elle votre remède, votre pansement ?
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

P.Sauzy : « Bonjour Milan Kundera. Je vous remercie de me recevoir, votre temps étant
précieux, notre entretien ne sera pas long. »
Kundera : « Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l‘on sait observer. »
P.Sauzy : « C’est sans doute pour cette raison que vous avez choisi ce café en retrait des grands boulevards qui vous permet une observation à la fois discrète et soutenue. Mais, que cherchez-vous à observer plus précisément ? »
Kundera : « Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles. »
P.Sauzy : « Si je comprends mieux, votre observation se double d’un questionnement sur les comportements de l‘homme et sur ce qu’ils cachent. »
Kundera : « La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie. »
P.Sauzy : « La mémoire est composée de souvenirs et d’oublis ; cependant, est-elle liée à la volonté de l’homme de construire sa vie comme il l’entend ou par nécessité à sa survie ? »
Kundera : « Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière. »
P.Sauzy : « Justement, vous qui avez choisi l’exil, enfin, pas vraiment choisi, que vous a-t-elle enseignée cette vie entre deux pays, deux cultures ? Avez-vous le sentiment d’une double existence ? »
Kundera : « Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment. »
P.Sauzy : « L’exil a été pour vous une façon de vous connaître mieux. C’est sans doute au travers de l’écriture que vous l’avez expérimenté. Pensez-vous que c’est un sentiment partagé par tous les exilés ? Et de façon plus élargie, quels conseils donneriez-vous à l’homme ?»
Kundera : « Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires. »

Vous : J’ai beaucoup aimé le livre A la recherche de Milan Kundera… Avez-vous un peu de temps pour répondre à quelques questions ? 
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.
Vous : Que poursuivez-vous comme objectif dans vos romans ?
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.
Vous : Vous parlez beaucoup du passé. Qu’en est-il de votre présent ?
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.
Vous : Que pensez-vous de ceux qui vous ont critiqué dans les médias ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.
Vous : Est-ce que vivre loin de votre pays natal vous a transformé ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.
Vous : Quels conseils pouvez-vous donner à ceux qui veulent écrire ?
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

Vous : Bonjour, je suis désolé de vous avoir fait attendre, ce n’est pas dans mes habitudes.
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.
Vous : Pourtant l’homme n’aime pas attendre, le temps se heurte à l’exigence d’assouvir ses moindres désirs, tout de suite, maintenant, toujours plus vite.
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.
Vous : Effectivement, c’est comme une rencontre au hasard au détour d’un café, un sourire en passant et ça deviendra un endroit précis dont on se souviendra. En quelque sorte des points lumineux de notre vie.
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre.
L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.
Vous : Je suis curieux de savoir ce que vous faites de vos souvenirs, des hommes que vous avez rencontrés.
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.
Vous : Partir, se saisir de sa vie comme une valise, y loger à la hâte un carnet de voyage, de peur d’oublier ce que l’on va enfin vivre, prendre une chemise, un pantalon et abandonner son lieu de vie.
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.
Vous : Est-ce que l’écriture apaise tout ? L’imaginaire ? Les rêves ? Les souvenirs ?
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

Vous : Bonjour M. Kundera. Je vous remercie de perdre un peu de votre temps précieux en ma compagnie et en compagnie des lecteurs de mon journal Le temps de lire.
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.

Vous : Merci, avec plaisir. Vous êtes un écrivain très discret. Vous refusez de parler de vous et très souvent de rencontrer les journalistes. Qu’est-ce qui vous a motivé à me rencontrer aujourd’hui pour cette simple interview ?
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.

Vous : Bien sûr. C’est bien cette compréhension de l’âme humaine qui vous rend l’un des meilleurs écrivains parmi les écrivains le plus humanistes. La mémoire est également l’un de vos thèmes préférés. Pourquoi ?
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.

Vous : Je comprends et je ne sais pas si je suis totalement d’accord. Nous avons parfois des souvenirs qui s’imposent à notre mémoire, qui nous emprisonnent… Tous les êtres ne sont pas maîtres de leur intellect.
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.

Vous : Effectivement. Vous-même, vous avez fait un choix crucial en quittant votre pays. Comment voyez-vous votre pays depuis la France ? Vous paraît-il toujours le même ? Êtes-vous toujours le même par rapport à votre pays natal ou avez-vous changé votre avis sur votre vie d’avant ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.

Vous : Je vous remercie pour cet échange. Avez-vous un conseil à donner aux jeunes écrivains qui liront cette interview ?
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

Vous : Bonjour. Ravie de vous rencontrer. J’espère vivement ne pas abuser de votre temps précieux.
Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.
Vous : L’homme est souvent au cœur de vos propos. Jamais vraiment en simplicité, en limpidité. Pourquoi êtes-vous attiré par cette part aux contours flous ?
Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.
Vous : Ne pensez-vous pas que la mémoire aurait parfois plutôt besoin de s’effacer, surtout lorsqu’elle fait échos à des époques sombres et douloureuses ? Pourquoi, selon vous, serait-il nécessaire de la raviver ?
Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.
Vous : En quoi les mots – et par extension les livres, sont-ils nécessaires aux hommes ? Pourriez-vous me dire à quoi ils peuvent servir ?
Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.
Vous : Pourtant, partir n’efface pas tout et n’y-a-t-il pas des images que vous voudriez retenir, raviver, ramener au réel ?
Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.
Vous : Si j’entends bien ce que vous dites – ou suggérez -, lire serait un voyage sans cesse recomposé avec des embranchements inattendus, des multiples possibles. Mais devrait-on tout lire, si tant est que nous en ayons le temps ? Et si vous aviez un conseil à me donner, indispensable, quel serait-il ? Un conseil que vous pourriez également vous adresser à vous-même…
Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

La scène suivante se déroule dans un petit café Parisien. Une averse vient de s’abattre sur le quartier du Marais.

Vita : Bonjour Monsieur, la pluie m’oblige à m’abriter à l’intérieur. Puis-je m’inviter à votre table ? Je ne resterai pas longtemps.

Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.

Vita : Oui, vous avez sûrement raison… J’observe d’ailleurs que vous portez un joli chapeau de paille alors qu’il pleut à torrent dehors.

Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.

Vita : Vous cacheriez donc un secret sous votre couvre-chef… Vous revenez d’un voyage dans un pays ensoleillé ? Vous êtes peut-être chauve ou magicien ? Vous êtes sûrement très optimiste… ou alors vous avez simplement oublié que vous l’avez sur la tête ?

Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.

Vita : Heureusement que notre cerveau est bien fait et qu’il nous permet de faire le tri. Ainsi, il jette aux oubliettes des informations pour alléger nos vies. Nous sommes tous libres de croire ou non ce que l’on veut… De nos jours, nous sommes assaillis de toutes parts entre les médias, les réseaux sociaux, les gens de notre entourage…

Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.

Vita : J’en conviens. J’ai quitté mon pays il y a 10 ans pour fuir ma famille qui me retenait comme esclave. Mon histoire est marquée, ma mémoire est traumatisée et mon cœur saigne. Aucune gomme ne viendra soigner mes blessures. Mais je crois que je vais continuer d’écrire sur le brouillon de ma vie malgré ces gribouillages.

Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.

Vita : Cher Monsieur, j’ai apprécié notre conversation et je pense avoir découvert le secret caché sous votre chapeau… Vous avez l’esprit vif et le verbe léger : vous êtes philosophe ! Pourriez-vous me partager une dernière pensée avant que je ne vous abandonne s’il vous plaît ?

Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

Alors que le soleil est revenu, Vita se lève en esquissant un sourire malicieux à Kundera puis elle quitte le café. L’histoire nous révélera plus tard que Vita s’est mise à écrire sa vie de captive et a même publié son premier livre « L’exil révèle ce que l’on est vraiment ».

La scène suivante se déroule dans un petit café Parisien. Une averse vient de s’abattre sur le quartier du Marais.

Vita : Bonjour Monsieur, la pluie m’oblige à m’abriter à l’intérieur. Puis-je m’inviter à votre table ? Je ne resterai pas longtemps.

Kundera : Bonjour. Asseyez-vous. Vous savez, le temps n’est jamais perdu si l’on sait observer.

Vita : Oui, vous avez sûrement raison… J’observe d’ailleurs que vous portez un joli chapeau de paille alors qu’il pleut à torrent dehors.

Kundera : Je m’intéresse toujours aux contradictions de l’homme. Ce qui semble simple cache souvent des secrets, des interrogations subtiles.

Vita : Vous cacheriez donc un secret sous votre couvre-chef… Vous revenez d’un voyage dans un pays ensoleillé ? Vous êtes peut-être chauve ou magicien ? Vous êtes sûrement très optimiste… ou alors vous avez simplement oublié que vous l’avez sur la tête ?

Kundera : La mémoire nous définit, mais l’oubli est nécessaire pour vivre. L’homme est toujours partagé entre ce qu’il se rappelle et ce qu’il oublie.

Vita : Heureusement que notre cerveau est bien fait et qu’il nous permet de faire le tri. Ainsi, il jette aux oubliettes des informations pour alléger nos vies. Nous sommes tous libres de croire ou non ce que l’on veut… De nos jours, nous sommes assaillis de toutes parts entre les médias, les réseaux sociaux, les gens de notre entourage…

Kundera : Qu’ils réfléchissent à leur propre liberté. La vie est une esquisse, un brouillon, on ne revient jamais en arrière.

Vita : J’en conviens. J’ai quitté mon pays il y a 10 ans pour fuir ma famille qui me retenait comme esclave. Mon histoire est marquée, ma mémoire est traumatisée et mon cœur saigne. Aucune gomme ne viendra soigner mes blessures. Mais je crois que je vais continuer d’écrire sur le brouillon de ma vie malgré ces gribouillages.

Kundera : Bien sûr. Vivre loin de son pays natal vous oblige à vous regarder avec un peu de distance. L’exil révèle ce que l’on est vraiment.

Vita : Cher Monsieur, j’ai apprécié notre conversation et je pense avoir découvert le secret caché sous votre chapeau… Vous avez l’esprit vif et le verbe léger : vous êtes philosophe ! Pourriez-vous me partager une dernière pensée avant que je ne vous abandonne s’il vous plaît ?

Kundera : Lisez avec curiosité et questionnez tout. Écrire, c’est essayer de comprendre le monde et soi-même, pas seulement raconter des histoires.

Alors que le soleil est revenu, Vita se lève en esquissant un sourire malicieux à Kundera puis elle quitte le café. L’histoire nous révélera plus tard que Vita s’est mise à écrire sa vie de captive et a même publié son premier livre L’exil révèle ce que l’on est vraiment.