Mai 2026 avec Maryline Desbiolles
Originaire de Savoie, Maryline Desbiolles vit loin de la scène littéraire parisienne, dans l’arrière pays niçois.
Dès l’enfance, elle écrit des poèmes, des nouvelles, et crée, après ses études à Nice et à Cannes, deux revues de poésie et de littérature, « Offset » en 1980 et « La Métis » en 1990, qui réunissent des auteurs méditerranéens.
En 1998, la publication de La Seiche la révèle au public : ce roman singulier construit une réflexion digressive sur la vie humaine à partir d’une recette de cuisine.
Rose la nuit aux éditions Sabine Wespieser, 2026
« Rose », le mot, couleur, fleur, prénom, occupe souvent les pensées de Maryline Desbiolles, parfois dans des situations incongrues et certainement jamais pour sa connotation suave ou supposément féminine : elle se souvient notamment qu’un conservateur de musée niçois l’avait traitée de Rosa Luxemburg, elle se souvient aussi de Marie-Rose, solide personnage de son enfance, bergère rebelle qu’elle aimait suivre sur les chemins.
Sans doute pour honorer ces Rose, peut-être aussi parce que le personnage féminin du premier texte en prose qu’elle ait envoyé à un éditeur se prénommait Rose, l’écrivaine qu’elle est devenue décide de se donner une contrainte.
Au printemps de l’année précédant l’achèvement de ce livre, paraît l’annonce suivante : Écrivaine cherche des personnes se prénommant Rose pour l’écriture d’un roman. Merci de prendre contact avec la maison d’édition : rose@swediteur.com
C’est à « une grande bringue salement amochée », croisée dans un couloir d’hôpital où elle attend sur un brancard et prétendant se nommer Rose Rose (le deuxième Rose en guise de patronyme), que Maryline Desbiolles confiera le soin d’évoquer l’histoire des sept Rose qui ont répondu à son annonce, comme si elle passait le relais à une Rose de fiction.
L’infirmière qui prend en charge l’étrange femme maigre couverte de plaies et d’ecchymoses semble ne même pas croire qu’elle s’appelle Rose, tant ce grand corps aux épaules larges ne correspond pas à l’image gracieuse qu’elle se fait de ce prénom. Elle ne la croit pas non plus quand elle prétend avoir mal : les examens n’ont rien révélé de grave. En réalité, le grand échalas, qui vit dans la rue, a envie de passer une nuit entière dans la chaleur d’une chambre. Comprenant qu’en dire plus sur « Rose » éveille l’attention de l’infirmière, elle se transforme, sous nos yeux émerveillés, en moderne Shéhérazade : « J’ai perdu mon histoire. J’en ai gagné d’autres », dit-elle entre rêve et sommeil, assumant son rôle de narratrice.
Tantôt Rose de onze ans, qui grandit avec ses parents musiciens sous l’avocatier d’une maison niçoise, tantôt Rose-Marie, qui s’amusait à franchir la frontière italienne en longeant la mer avec sa grand-mère calabraise, elle devient aussi Rose du Nigéria, à qui la France ne veut pas donner de papiers, ou Rosetta, dont la famille d’Italie du Sud a été si mal accueillie quand elle est arrivée dans les Alpes-Maritimes. Qu’elle soit Rosette, née à Tunis en 1935, ou Rosy, née à Orléans en 1944 et qui voulait un enfant, mais pas d’homme dans sa vie, ses récits murmurés à l’oreille des soignantes lui valent la nuit sauve.
Avec leurs motifs récurrents – un cheval noir à la tache claire sur le front, des femmes qui boitent mais continuent d’avancer, une géographie d’exil, ces destinées de femmes se tressant en une seule dessinent un motif fascinant, où la force, la grâce et l’esprit de résistance s’élèvent en une joyeuse sarabande. »
Consignes d'écriture
Je vous propose de répondre à l’annonce :
« Écrivaine cherche des personnes se prénommant Rose pour l’écriture d’un roman. »
Vous écrirez un texte qui parle d’une Rose, un portrait de quelqu’un qui aime le printemps, plus particulièrement le mois de mai. A vous de dire pourquoi elle répond à l’annonce et où en est-elle de sa vie/un moment unique dans sa vie.
Pour vous guider vous pouvez nommer ses émotions, des images, un souvenir concret, montrer son rapport au monde.
Ce texte ne devra pas dépasser les 20 lignes et devra commencer par :
Bonjour, je m’appelle Rose et…
Peut-être nos « roses » inspireront-elles Marilyne Desbiolles en novembre prochain lors de sa venue au festival ?
A vos stylos et rendez-vous en ligne pour la lecture des textes reçus.
Vos textes sont à envoyer par mail à livresavous@paysvoironnais.com avant le 20 mai 2026
Prochaine invitation à écrire : le 4 juin
Dominique Osmont L’Atelier D
pour le festival Livres à vous





